en, en voila une petite, de réaction, une lettre envoyé en réponse aux "évenement" du metro ! Puisqu'on étalle tout en public, allons-y gaiement.
Cher monsieur,
J'ai lu avec attention le mail que vous avez envoyé aux présidents de la fédération et à ses collègues des unions provinciales. Je trouve assez bizarre d'ailleurs que celui-ci soit mis à la lecture de tout un chacun, cela risque de vous valoir pas mal de réponses, sans doutes parfois moins amicales que celle-ci.
Ainsi je vous vois offusqué parce que 5 pompiers buvaient de la bière dans le métro, au point d'en faire part à nos représentant ! Je ne sais si ce geste mérite que l'on prenne la plume (ou le clavier) pour le dénoncer, mais puisque vous l'avez fais, j'espère que vous la prendrez à nouveau lorsque vous croiserez les corbillards de nos collègues morts aux feu par manque de matériel, de formation ou de structure, lorsque vous essuyez les larmes des parents enterrant un enfant mort parce que les secours étaient inefficaces ou mal adaptés. Vous parler de tristesse dans votre courrier. Lorsque vous aurez suivit douze corbillards de vos collègues morts en services, vous saurez ce qu'est vraiment la tristesse. Lorsque vous serez assailli de reproche par une mère ayant perdu un enfant parce que vous aurez mis trente minutes pour arriver alors qu'il y a une caserne à moins de dix minutes, vous saurez ce qu'est vraiment la détresse.
Vous croisés 5 pompiers en colère, et tout ce que vous en retenez, c'est qu'ils buvaient là ou s'est interdit ! Leur avez-vous au moins demandé ce pourquoi ils manifestaient ? Les pompiers sont tout les jours en guerre, cher monsieur, en guerre contre la mort, mais avec les armes désuètes que leurs permettent d'acheter les maigres deniers alloués à leur profession. Cela use, cher monsieur, et comme nous n'avons pas de soutien psychologique, il ne faut pas s'étonner que certains craquent à un moment ou a un autre !
Les lois, cher monsieur, nous sommes obligés de les contourner, de les ignorer chaque jour si nous voulons continuer à faire notre travail. Je ne respecte pas la loi sur les heures de travail prestée, je ne respecte pas la loi concernant les équipements de protection, je ne respecte pas le code de la route et encore bien d'autres. Je ne les respecte pas parce que mon employeur, et c'est le cas pour tout les corps de pompiers en Belgique, n'a pas les moyen de me les faire respecter. Si je les respecte, alors, on ferme la caserne parce que tous les pompiers prestent plus que ce qu'ils ne devraient le faire, parce que la plupart des équipements de protections sont obsolètes, parce que bon nombres de véhicules sont dangereux à mettre sur la route. On ferme parce que je n'ai pas la formation nécessaire à bien accomplir ma mission, parce que je n'ai pas les moyens de me maintenir en forme physique ou psychique, on ferme parce que nous ne sommes pas assez nombreux en caserne, on ferme, on ferme, on ferme !!!
Vous parler de fierté. Nous l'avons, c'est vrai, les premiers jours de notre engagement. Mais elle s'étiole rapidement, et nous devons en faire abstraction sous peine d'être éternellement malheureux dans notre boulot. Il n'y a actuellement pas de quoi être fier d'être pompier en Belgique, cher monsieur, non pas à cause de comportement isolé, mais par la faute de la structure défaillante qui nous emploi. Croyez-moi, c'est très dur de découvrir les sombres réalités de notre profession, presque aussi dur que de ne plus croire au père noël pour un petit enfant. C'est pour a nouveau croire aux fables que nous manifestions !
De toutes les manières, il serait temps que nous devenions un peu moins populaire. Chaque fois que nous réclamons des moyens, les discours politiques sont les même : pourquoi investir en vous alors que 95% de la population est contente de vos services. On préfère financer la police, par exemple, bien moins coté que nous dans l'imaginaire populaire. Pourtant, j'ai vu ce mercredi une police armée d'autopompe bien moderne pour nous repousser, alors que nous partons au feu avec des autopompes poussives. J'ai vu une police équipée de masque anti gaz lorsqu'ils ont envoyés les lacrymogènes, alors que nous manifestions entre autre parce que nous ne sommes pas équipé pour faire face a un accident chimique.
Vous avez vu 5 pompiers qui décompressaient après avoir exprimé leur colère. La manière ne vous a pas plus, je veux bien l'admettre, mais j'aimerai que vous poussiez votre réflexion un peu plus loin. Venez voir nos conditions de travail, je me propose de vous guider sur le chemin de la connaissance du métier de pompier en Belgique. Mais attention, après notre entrevue, vous risquez de ne plus lâcher votre clavier tant vous aurez à raconter à nos différents présidents.
Qu'en a ceux-ci, je pense que leur place était en tête du cortège ce mercredi, leur présence aurait sans doute évité pas mal de débordement. Cette manifestation n'était sans doute pas politiquement correcte. C'est pourtant bien eux qui appelaient à la mobilisation il y a quelques semaines à peine. Leurs à t'on fait des promesses, ont-ils égoïstement protégé leur carrière personnelle au détriment de l'efficacité des pompiers et de leur bien être ? je me permets de poser la question. Et si le ministre avait reçu nos représentant, peut être n'aurions nous pas été « obligé » de noyer notre chagrin dans l'alcool. Ils étaient pourtant tous présents lors des funérailles de notre collègue de Rochefort ! je suis étonné de voir que notre président ait pris le temps de vous répondre, lui qui reste sourd à nos questions depuis des mois.
Il faut devant chaque évènement de notre vie garder raison et relativiser. Je suis content si ce moment fut pour vous pénible, c'est que vous n'avez guère vécu d'instant dramatique dans votre existence. Nous les vivons chaque jour, d'autant plus mal que nous y sommes mal préparé. Cela implique chez nous du comportement parfois extrême, nos familles étant souvent les premières à en souffrir. C'est aussi pour elles que nous manifestions.
Je m'excuses encore une fois si nos attitudes vous ont choquée, mais je vous demande en contre partie un minimum de soutien à notre cause, quel que soit votre statut ou position, ainsi qu'un minimum de compréhension.
Je reste à votre disposition pour plus de renseignements et vous transmets, cher monsieur, mes salutations respectueuses.
Luc.